

L’Or blanc d’Afrique : Le coton
Depuis 2018, le Bénin s’impose comme le premier producteur de coton du continent africain. Avec une production annuelle record avoisinant les 728 000 tonnes de fibre, le pays devance des acteurs majeurs de la filière comme le Burkina Faso, le Mali, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Togo.
Véritable pilier économique, le coton représente une source importante de revenus pour plusieurs pays africains. Selon les données de l’Institut National de la Statistique et de la Démographie, le Bénin a généré en 2025 près de 223,5 milliards de francs CFA (environ 398 millions de dollars) grâce à l’exportation de coton non cardé ni peigné.
Surnommé « l’Or blanc », le coton africain est bien plus qu’une matière première : il est au cœur d’un patrimoine textile riche et vivant. Il entre notamment dans la fabrication de tissus traditionnels emblématiques tels que le Kanvô, le Bogolan ou encore le Kente, véritables symboles culturels transmis de génération en génération.
Le PR-PICA
Le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Sénégal et le Togo sont également membres du PR-PICA (Programme Régional de Protection Intégrée du Cotonnier en Afrique), une organisation basée à Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso. Cette association réunit des instituts de recherche, des sociétés cotonnières, des interprofessions ainsi que des organisations de producteurs autour de plusieurs missions essentielles :
- Développer la recherche sur la gestion intégrée des ravageurs, la fertilité des sols et l’amélioration variétale
- Améliorer la production et la productivité du coton dans les pays membres
- Soutenir durablement les revenus des producteurs
- Renforcer les capacités des acteurs agricoles et des cultivateurs
Aujourd’hui, la production africaine de coton représente environ 12 % du marché mondial. Pourtant, malgré son importance économique, une grande partie de la fibre produite sur le continent est encore exportée brute, avec peu de transformation locale. Une situation qui évolue progressivement grâce à certaines initiatives ambitieuses.
Le coton béninois : moteur d’industrialisation et de transformation textile
Au Bénin, le président PatriceTALON a fait du coton un levier stratégique de l’industrialisation du pays à travers la campagne cotonnière 2018-2019. Cette vision a notamment conduit à la création de la zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), mise en service en 2021.
Située à proximité de Cotonou, la GDIZ regroupe des unités de filature, de tissage, de teinture et de tricotage capables de transformer le coton brut en produits textiles finis 100 % coton. La zone industrielle traite aujourd’hui environ 40 000 tonnes de fibre par an, soit près de 12 % de la production nationale, grâce au travail de milliers d’agriculteurs répartis sur l’ensemble du territoire.
Longtemps exporté principalement vers des pays comme la Chine ou le Bangladesh, le coton béninois connaît désormais une nouvelle dynamique. Le pays développe progressivement une industrie textile locale tournée vers l’exportation de produits finis « Made in Benin », collaborant notamment avec des marques internationales telles que Kiabi et Lacoste.
À travers cette transformation, le coton africain ne représente plus seulement une ressource agricole, il devient un symbole de savoir-faire, d’innovation et de souveraineté industrielle pour tout un continent.
