Pour sa première exposition, le photographe franco-togolais David EKUE, nous a donné sa vision de la rencontre entre l’Afrique et l’Occident. A travers une série d’une vingtaine de photos de femmes occidentales parées de tissus, ornées de bijoux, coiffées et maquillées trônant telles des reines africaines.
Une manière d’affirmer, de mettre en lumière la beauté, la richesse et la culture de la Terre Mère Afrique. La culture africaine occupe une place de plus en plus importante dans l’univers de la mode depuis ces sept dernières années.
L’exposition a démarrée le 1er Juin dernier et se termine le 30 Juin, présentée à l’ONOMO Hôtel de Lomé au Togo. Pour ceux qui ont la chance d’être sur place, je vous invite à aller découvrir son magnifique travail.
Parle-nous de toi ? Qui est-tu ?
Je m’appelle David EKUE, je suis né le 6 novembre 1975. Je suis Franco-togolais, né d’un père Ingénieur des Mines et d’une mère couturière. J’ai vécu au Togo jusqu’à mes 17 ans puis pour des raisons d’instabilité politique, nous sommes venus nous installer en France en 1993.
Quel est ton parcours de formation ? Comment as-tu débuté ?
Mon aventure photographique a démarrée le jour où j’ai rencontré un modèle amateur qui m’a parlé de son univers. Cela devait être courant 2002 ou 2003. C’était une jeune femme d’une vingtaine d’années qui m’a fait découvrir le milieu de la photo amateur. Je lui ai créé un site internet personnalisé…puis je me suis intéressé à d’autres modèles amateurs pour qui j’ai créé des sites internet personnalisés.
Entre temps, j’ai acheté un appareil photo, un bridge, Konica Minolta Dimage A1, en décembre 2003. Un des modèles pour qui j’avais fait un site m’a présenté le photographe William Bonbon. Je lui ai prêté mon appareil et il m’a permis de le suivre sur ses différents shootings où je jouais un peu le rôle d’assistant. Voyant les belles choses qu’il faisait avec mon appareil, j’ai eu envie de faire pareil…
Mes premières séances ont été faites avec ma cousine comme modèle et ma soeur comme maquilleuse. Puis de fil en aiguille j’ai rencontré d’autres modèles, des maquilleuses, des stylistes et des coiffeurs.
Puis avec William Bonbon et d’autres photographes nous avons créé une association d’artistes mais cela n’a pas duré longtemps. Ensuite j’ai rencontré Joël Dart en 2006. C’est grâce à ses encouragements que j’ai contacté une agence de mannequins et fait mon premier test en agence. Dans la même année, j’ai fait le nécessaire pour devenir photographe professionnel.
Une autre rencontre a été également déterminante dans ma carrière de photographe. Celle avec Soniyah Lawson. Elle a été mon assistante pendant plusieurs années et aujourd’hui encore nous travaillons en étroite collaboration.
Que représente la photographie ?
Je tiens à dire que la photographie n’est pas ma passion. Ma passion c’est la mise en lumière du corps de la femme. Depuis mes années lycée et les longues heures passées devant Fashion TV. J’ai été fasciné par la silhouette des femmes dans les tailleurs et longues robes fluides des grands créateurs. Ce que j’aime c’est sublimer les femmes. Aujourd’hui je le fais au travers de la photographie, mais qui sait…demain ce sera avec une caméra de cinéma.
Qu’est-ce qui t-a inspiré ?
Je ne parlerai pas d’inspiration mais de ce qui a motivé mon envie de faire une exposition sur ce theme : « Quand l’Occident rencontre l’Afrique ».
Cela a commencé par l’envie de mettre en scène des jeunes femmes caucasiennes aux formes généreuses dans des vêtements de créateurs et créatrices africains afin de mettre en valeur leur silhouette. J’avais aussi réalisé une série de photos avec une amie mannequin, Ghita Lahmassi, sur le theme du drapée de tissus africains. J’ai montré les photos à la curatrice de l’expo, Ami Gbemeda, qui m’a suggéré d’aller dans la direction du drapée afin de rendre le travail plus intéressant pour une expo photo.
Comment et quels tissus as-tu choisi?
Pour les tissus, j’ai puisé dans le stock de ma mère et j’en ai acheté plusieurs lors de mes différents séjours au Togo. Il y a du kente, du wax, du batik et du bazin.
Combien de temps t-a-t-il fallu pour mettre en place ce projet ?
Les premières photos ont été faites en octobre 2018 et il fallait que toutes les séances photos soient terminées fin mars 2019 car l’exposition étant prévue pour début juin. J’ai donc eu un peu moins de deux mois pour faire la sélection des photos, les traiter et ensuite faire les tirages.
Quel regard portes-tu sur la mode aujourd’hui ?
Je n’ai pas un regard particulier sur la mode aujourd’hui. Je constate simplement que la culture africaine est de plus en plus influente et reconnue en occident.
Merci à David pour sa disponibilité. N’hésitez pas à consulter son site : https://www.davidekue.com/. Nous lui souhaitons une belle réussite et on hâte de découvrir ses futurs projets à venir.


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